Si vait ferir le maistre qu'il ot parler

Amont par mi le cief l'a encontré

Que la teste del bu li fait voler;

Puis reva ferir l'autre si l'a coupé,

Et escrie « Montjoie ! » par grant fierté.

Fiex a putain, laron, n'i durerés.

Chou est Aiols li enfes c'avés trové,

Qui fu noris el bos, qui rien ne set

Mais il vaura aprendre tout chesti esté

Comment chevaliers autre doit encontrer

Et en ruiste bataille armes porter.

Tout estes mort et pris se m'atendés,

Ja devant cheste espee ne garirés,

Ains en serés tout mort et afinés.

Car mes peres me dist al desevrer

Que il n'avoit millor en .x. chités

Et tout chou qu'il me dist ai jou trovés»


XXI


Aiols ot des larons les .ii. ochis

II escria as .iiii. "Rendés vos pris!

Del pendre u de l'ardoir ert mes plaisirs. »

Li laron respondirent « Fel Dieu menti,

Nos compaignons avés mors et ochis,

Vous le comperés chier ains l'esclarcir. »

Grans maçues avoient, bien l'ont requis.

Aiol leva Pescu desor son vis

Et fiert .i. des larons qu'il consui,

Que la teste li fist del bu partir.

Puis s'escrie «Monjoie» par grant air,

« Fiex a putain, laron, tout estes pris ! »


XXII


Aiol ot des Iarons les .iii. tués,

Il referi le quart par grant fierté

Que la teste li fist del bu voler.

Il va frapper le chef qui avait pris la parole,

d’un coup sur le sommet du crâne,

si bien qu’il lui fait voler la tête loin du buste ;

puis il retourne frapper l’autre et le tranche,

et crie farouchement «Montjoie ! »

fils de putain, voleurs, vous n’êtes pas de taille.

C’est le jeune Aiol que vous trouvez sur votre route,

qui fut élevé dans la forêt, qui ne sait rien

mais veut tout apprendre du combat :

comment doit se dérouler la rencontre avec un autre chevalier,

comment tenir ses armes dans une féroce bataille.

Si vous m’attendez, vous êtes pris et tués,

jamais vous ne pourrez échapper à mon épée,

mais vous mourrez et ce sera pour vous la fin.

Car mon père me dit à mon départ

qu’il n’y avait pas de meilleure épée en dix cités,

et j’ai pu vérifier tout ce qu’il m’a dit.


XXI


Aiol a tué deux des brigands

et crie aux quatre autres : «Rendez vous !

sinon j’aurai plaisir à vous brûler ou à vous pendre.»

Les larrons répondent : «Félon, ton Dieu en a menti, 

tu as tué et occis nos compagnons,

tu vas le payer cher avant le point du jour.»

Ils ont de grandes massues et l'attaquent vivement.

Aiol a levé le bouclier devant son visage

et frappe un des larrons qu'il poursuit,

si bien qu'il lui décolle la tête du tronc.

Et il crie "Montjoie ! " à pleins poumons

« Fils de pute, voleurs, vous êtes faits ! "


XXII


Aiol a tué trois des brigands.

Il frappe encore si furieusement le quatrième

qu'il lui fait voler la tête loin du buste.

























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53- Traduction difficile. Nous avons tenté d’en faire le renversement de la formule fréquente dans Aiol : «Dieu qui jamais ne mentit».