Tout li oisel de France, mes iex vïant,

Venoient contre lui a piet esrant,

Que il n’avoient eles ne tant ne quant.

Aiols lor rendoit plumes de maintenant,

En peu d’eure les fist Iiës et joians.

Dont revenoit .i. aigle fors et poissans

Qui les autres oiseus va justichant ;

A lui se compaingoient .ii. ostoir blanc,

S’aloient en Espainge leus maintenant,

Tout droit a Pampelune la chité grant.

Li mur de la chité de la avant

Aloient contre lui tout aclinant.

La conquist .i. ymage Aiols li frans,

Nus hon ne vit plus.bele en son vivant,

Qu’il amena en France le cemin grant.

Prestre, moigne, canoine et clerc lissant

AI moustier Sainte Crois vienent esrant.

L’ymage baptisierent de maintenant

Ençainte me sambla veraiement.

Puis vi de li issir .ii. colons blans,

Dont m’esvellai del songe, n’en sai avant».

- Sire, dist Moÿsès, li clers sachans,

C’est .i. boins qui vous vient si aprochant :

J’ai hermites esté .xxxvi. ans

Si sai d’astrenomie le covenant ;

Je vos dirai del songe par avenant,

Si que je n’i faurai ne tant ne quant.

La u Aiols aloit, vos fiex li frans,

Li gaus et les gaudines, les forès grans

Qui contre lui aloient tout enclinant,

Che sera un roiaumes plenier et grans

Qui sous Aiol sera tous apendans,

Si avera corone el cief portans.

Ors, lion et lupart, saingler, serpens

Qui devant lui aloient le cemin grant

Et vos fieus les plongoit en l’aigue grant,

Che seront Sarrasin, Turc et Persant

Qui por lui querront Dieu omnipotent

Et prendront baptestire veraiëment.

Tout li oisel de France petit et grant

Et sous mes yeux, tous les oiseaux de France

venaient à lui en sautillant,

car ils n’avaient absolument pas d’ailes.

Aiol leur rendait aussitôt leurs plumes,

en peu de temps leur donnant liesse et joie.

Survint un aigle fort et puissant,

dominateur des autres oiseaux,

et deux autours blancs l’accompagnaient.

Ils partaient aussitôt en Espagne

tout droit à Pampelune, la grande cité.

Devant eux, les murs de la ville

vinrent à sa rencontre en s’inclinant .                                                  

Là, le noble Aiol, conquit une statue ;                                         

-nul n’en vit de plus belle de toute sa vie-

et il l’apporta tout droit en France.

Les prêtres, moines, chanoines, clercs enseignants

vinrent en hâte  au monastère de Sainte-Croix.

Ils baptisèrent aussitôt la statue

qui me parut clairement enceinte.

Puis je vis s’envoler de là deux colombes blanches

alors je m’éveillai du songe, et ne sais rien de ce qui suivit.

- Seigneur, dit Moïse, clerc de grand savoir,

ce qui va venir vous est bénéfique :

J’ai été trente-six ans ermite

et je sais tout ce qu’il faut d’astronomie ;

je vous dirai ce que signifie le songe,

sûr de ne rien en omettre.

Où se rendait Aiol, votre noble fils,

les bois, bosquets et grandes forêts

qui s’avançaient à lui en s’inclinant,

cela signifie qu’un grand et fort royaume

tombera sous l’autorité d’Aiol

et sa tête sera couronnée.

Les ours, lions et léopards, sangliers et serpents

qu’il trouvait devant lui sur sa route

et qu’il plongeait dans l’eau profonde,

ce seront les Sarrasins, les Turcs et les Persans

qui grâce à lui chercheront Dieu le tout-puissant

et recevront le vrai baptême.

Tous les oiseaux de France, les petits comme les grands,













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Givresac

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30- «Ymage» peut être peinture, dessin  ou sculpture

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