7- La formule ne va pas sans quelque ironie, puisque Louis, avec ingratitude, a dépouillé et exilé Elie, son plus fidèle vassal.











8- Au roi ou à Elie, ce qui d'ailleurs revient ici au même, Elie ne guerroyant que pour le roi.


9- « qu'il dut » : auxquels il avait légitimement droit.


10- « Que jamais Dieu ne lui apporte son aide »




10 bis- Vrai supplice quand on habite près de Bordeaux. On peut parier que l’auditoire se faisait cette réflexion. Les vins de Bordeaux sont célèbres depuis au moins le 4ème siècle (Ausone en parle)



11- « plaisir » : avec l'idée d'une décision sans appel. Rapprocher de "tel est notre bon plaisir", formule royale.


12- "enfant de mere nasqui" : une cheville, sans doute, qu'il n'était peut-être pas utile de respecter. Mais c'est aussi perdre la naïveté de la formule.


13- « Lever de fonz » (Godefroy), ou simplement « lever ». Le verbe est peut-être un souvenir de l'élévation de l'enfant après son immersion dans la piscine du baptistère ou le fleuve.



14- Sandra C. Malicote & A. Richard Hartman traduisent par

« python », sans doute pour rendre compte au mieux de "grand". Mais personne ne sait vraiment ce qu'était un aiol (etymon : anguille). Nous gardons le mot, totem dont le héros va porter le nom, et qui est pour nous aussi exotique, sinon plus, que « python ». Pour nourrir l'imagination, rendre visite à quelques chapiteaux romans, plus explicites sur les monstres que toutes les notes critiques.

Que il sa serour done a un conte gentil,

Il ot a non Elies, molt fu preus et ardis,

Ainc mieudre chevaliers nen ot auberc vestis.

Quant il ot espousee la seror Loeys,

Son droiturier signor par qui il ert cheris,

Les traitors de France par armes acoilli ;

La ou il les pot prendre, aine raençon n’en prist

Ne avoir ne loier onques n’en requelli.

Del prendre et de l’ochire estoit cascon tous fis,

Et con plus ert haus hom, plus grant justice en fist,

Ainc n’esparnga le grant nient plus que le petit.

Ançois que li ans fust passés ne acomplis,

Ot il si bien le roi aquité son pais

Que il n’avoit nul home qui guerre li fesist.

Loeys li fieus Karle mal gueredon l’en fist :

II li toli sa tare et chou qu’il dut tenir,

Et le cacha de France a paine et a essil

Par le conseil Makaire, que ja Dieus nen aït,

Un mavais losengier, un quiver de put lin.

Es landes de Bordele s’en est li dus fuis,

Puis furent tel .vii. ans c’onques ne but de vin;

Moysés, uns hermites, le porcacha et quist,

Par dalés sa capele .i. abitacle fist.

La dame estoit enchainte quant ors de France issi

Quant vint en l’ermitage, si délivra d’un fil,

Issi con Dieu le vaut et lui vint a plaisir.

Onques nus plus biaus enfës de mere ne nasqui,

Sel leva li hermites et crestian en fist,

Bapteme li dona en son moustier petit,

N’avoit home ne feme ne valet entor lui

U il peüst non prendre que donner li peüst.

Mais ore m’entendés comment il li avint.

Tant avoit savagine el bois foilli,

Culevres et serpens et grans aieils furnis;

Par dejouste l’enfant .i. grant aiant coisi,

Une beste savage dont vos avés oi

Que tout partout redoutent li grant et li petit,

Et por icele beste que li sains hon coisi

L’apela Aïoul ce trovons en escrit.

Puis fu il chevaliers coragous et ardis,

Et si rendi son pere tout quite son païs,

où il donna sa sœur à un noble comte :

il avait nom Élie, il était noble et de grand courage,

et jamais meilleur chevalier n’avait porté le haubert.

Quand il eut épousé la sœur du roi Louis,

le seigneur légitime qui le chérissait,                                                   

il attaqua les traîtres de France.

Où qu’il les capturât, il ne les rançonna pas,

ne leur prit jamais aucune terre, aucune redevance.

Les capturer et les tuer, c’était tout un,

plus noble était l’homme, plus dure fut la justice,

et jamais ne fut épargné le grand ni le petit.

Avant que passât une année complète,

il avait si bien libéré le pays pour son roi

que nul n’osait plus lui faire la guerre.                                                       

Louis, le fils de Charles, l’en récompensa bien mal :

il lui confisqua sa terre et tous ses biens légitimes,  

et le chassa de France par douloureux exil

sur les conseils de Macaire, que jamais Dieu ne le secoure,                 

un méchant flagorneur, un scélérat de bas lignage.

Le duc s’enfuit aux Landes de Bordeaux,

et sept ans passèrent sans qu’il bût une goutte de vin ;

Moïse, un ermite, le rechercha et le trouva,

à côté de sa chapelle, il bâtit un logement.

La dame était enceinte quand elle partit de France :

arrivée à l’ermitage, elle accoucha d’un fils,

qui vint au monde comme le voulut et le décida Dieu.                      

Jamais mère n’eut plus bel enfant.                                                      

L’ermite le leva aux fonts baptismaux et le fit chrétien,                      

il le baptisa en son petit monastère.

Il n’y avait dans l’entourage ni femme, homme et ni valet

qui pût lui fournir un nom à donner à l’enfant.

Alors écoutez comment cela se fit.

Il y avait quantité de bêtes sauvages dans le bois touffu,

des couleuvres, des serpents, et plein de gros aiols.                           

À côté de l’enfant, il remarqua un grand serpent,

une bête sauvage dont vous avez entendu parler,

que tous redoutent, les grands comme les petits,

et c’est à cause de cette bête que le saint homme avait aperçue

qu’il appela l’enfant Aiol : nous en avons la preuve écrite.

Plus tard, il devint hardi chevalier plein de vaillance,

et il restitua à son père toutes ses possessions,





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