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XLII


Des or chevauche Aiol lés Loire sous :

De Poitiers a Orliens vient en .v. jors.

Che fu un markedi devant Pascor

Qu'Aiol entra es rues d'Orliens tous sous.

Mais de che fist il bien que gentiex hons

Qu'il vint a Sainte Crois aourer le jor.

Par defors le mostier ot i peron,

Un anel i ot d'or grant et reont

Que fisent saiëler li ancissor :

Son destrier i aresne li frans Aiols,

Et l'escu et le lanche drecha desous.

Puis entra el moustier de Sainte Crous :

Devant l'autel se mist a genollons,

Dameldé reclama par ses sains nons :

"GIorieus sire pere, che dist Aious,

Qui el cors de la Vierge fustes ta] jors

Et venistes en tere, che fu por nous,

De li fustes vos nés, bien le savons,

Par dedens Beleem sor .i. peron.

Issi com che fu voirs, bien le creons,

Que rois estes et sire de tout le mont :

Si faites a mon pere procain secour

Que je laisai malades et besongous,

Et moult povre de dras et soufraitous,

Qui est avoec l'ermite el gaut parfont :

Sainte Dame benoite, je en pri vous ! "


XLIII


Or fu Aiol li enfes ens el moustier,

Devant le maistre autel agenolié ;

Dameldé reclama, le vrai del ciel :

"Dameldé, dist il, pere droïturier,

Qui la mer et le mont peus justichier


XLII


Maintenant, Aiol chevauche le long de la Loire :

il met cinq jours de Poitiers à Orléans.

C'est le mercredi avant Pâques

qu'il entra, seul, dans les rues d'Orléans.

Mais il se comporta avec noblesse

et vint à Sainte-Croix pour adorer le jour saint. 

Devant le monastère, il y avait un montoir,

avec un grand anneau rond, tout en or,

scellé dans la pierre par les anciens :

Le noble Aiol y attache son destrier,

et y accote la lance et l'écu.

Puis il entra au monastère Sainte-Croix :

se mit à genoux devant l'autel,

invoqua Notre Seigneur par son nom sanctifié :

"- Seigneur, Père glorieux, dit Aiol

qui résidas longtemps dans le corps de la Vierge

et vins sur terre pour nous sauver,

tu es né d'Elle, nous le savons,

à Bethléem, sur une pierre d'entrée.

Et nous croyons qu'aujourd'hui comme autrefois

tu es père et seigneur du monde :

alors portez vite secours à mon père

que j'ai laissé malade et dans le besoin,

souffrant dans ses mauvais vêtements,

qui vit au fond de la forêt avec l'ermite :

Sainte Vierge bénie, je vous en prie ! "


XLIII


Le jeune Aiol était alors dans le monastère,

agenouillé devant le maître-autel ;

Il pria Dieu, roi du ciel :

"Seigneur Dieu, père, toute droiture,

qui rends justice sur mers et montagnes,






























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