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Al port et al droit avene m'amena,

Tenés che bessant d'or, bien vos plaira ;

En tel lieu poes venir mestier ara."

Aiol prist le bessant, si l'acola :

"Sire, Dieus le vos mire qui tout cria !

Jhesu Crist le vos range, l'esperitail !

Si fera il encore quant li plaira."

Puis en ot vair et gris et boin ceval,

Com vos porés oïr, qu'il vous dira.


XXXVIII


Aiol l'en apela, mist l'a reison :

"Sire, franc pelerin, com avés non ?

se je mais vos trovoie, que connisson ?

- Reinier le fil Gerart m'apele on,

Je sui dus en Gasconge, s'i ai maison.

.Ii. fiex ai chevaliers de grant renon.

Et vous, franc damoiseus, com avés non ?

- On m'apele, biaus sire, l'enfant Aiol.

Se repairiés en Franche, parlés a nous

Et nous vos serviron par grant amor."

A Dieu le commanda, le glorious.


XXXIX


Aiol li fiex Elie vaut prendre le congié

Al vaillant chevalier qui tant fait a proisier.

Ançois que il s'en parte l'a encore areinié :

" Por amor Dex, biaus sire, et car me conselliés !

Vous i arés amoine, j'en ai mestier.

Qui geroient le roi qui Franche tient ?

Savés i duc u prinche qui tienge chevalier ?

Et li quens de Bohorges ne l'aime mie bien.

Si j'aloie, biaus sire, a la chit a Orliens,

Retenroit moi li rois qui France a a baillier ?

De gaïngier, biaus sire, aroie grant mestier. »

et me conduisit en sûreté au port,

prenez ce besant d'or, vous en serez content ;

quelque part, vous pourriez en avoir besoin."

Aiol lui donna l'accolade, prit le besant :

"Seigneur, Dieu qui a tout créé vous le rende !

Jésus Christ le céleste vous en récompense !

Il le fera, et quand il le décidera."

Il acquit avec cet or du vair, du petit-gris et un bon cheval,

vous le saurez en écoutant la chanson.


XXXVIII


Aiol appela le pèlerin, l'interrogea :

"Seigneur, généreux pèlerin, quel est votre nom ?

si jamais je vous  retrouve, je sache qui vous êtes ?

- On m'appelle Reinier, le fils de Gérard,

je suis duc de Gascogne, j'y ai mon logis.

J'ai deux fils chevaliers fort renommés.

Et vous, noble jeune homme, quel est votre nom ?

- Cher seigneur, on m'appelle le jeune Aiol.

Si vous retournez en France, adressez-vous à nous

et nous nous mettrons à votre service, pour l'amour de vous."

Et il l'a recommandé à Dieu de gloire.




Aiol, le fils d'Elie, veut prendre congé

du bon chevalier qui a tant fait pour lui.

Avant son départ, il s'adresse une fois encore à lui :

"Pour l'amour de Dieu, cher seigneur, donnez-moi un conseil !

J'en ai besoin, et vous en serez récompensé.

Qui guerroie contre le roi maître de la France ?

Savez-vous si un duc ou un prince engagerait un chevalier ?

Le comte de Bourges n'aime guère le roi.

Cher seigneur, si j'allais à la ville d'Orléans,

le roi qui gère la France me garderait-il ?

Seigneur, j'aurais grand besoin de gains."



























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