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Quant il virent Aiol, molt le gaberent :

"Or en venrés en France, grans est et lee,

De vous ferons no sot en no contree,

Si en ara grant joie nostre enperere,

Makaire de Lossane li mien chie] frere.

Amis, engenrés fumes tout d'un seul pere

Et si fumes porté tout d'une mère."

Hé Diex che dist Aiol, quel destinee

Makaire de Lossane quant est vo frère !

Maleoite soit toute l'âme vo pere,

Car tout desireta ma franco mere.

Des or vous defi jou de Dieu mon pere."

Il broche le cheval sans demoree

Et a l'anste brandie viele enfumee

Et va ferir Rustant a l'encontree

Que très par mi le cors li a passée,

Que mort l'a abatu en mi le pree.

Puis retendi la main, si trait l'espee.

Del feure l'a sachie et bele et clere,

As .ii. escuiers a fait la mellee,

Andeus les geta mors en mi la pree.

"E Diex !  che dist Aiol, quel destinee !

Dame sainte Marie, vierge honoree,

Or a je bien trové joste membree !

Hai c'or nel savés, Elies pere,

Un pan de vostre guerre a jou finee.

Je ne sai se Makaire a plus de frères,

Par cestui n'ert jamais terre gastee."

Il entra en sa voie grant et feree

Et laissa lor chevaus en mi la pre


XXXVI


Des ore s'en va Aiol tout son chemin.

Quant del frere Makaire se fu partis,

Toute jor a esré trosca midi.

A l'issue del bos, prés del chemin,

quand ils le virent, ils se moquèrent d'Aiol :

"Venez donc en France, large et vaste pays,

nous ferons de vous le bouffon de notre province,

et cela réjouira l'empereur,

Macaire de Lausane, qui est mon frère.

Mon ami, nous sommes engendrés par le même père,

et la même mère nous a portés."

"- Oh ! Dieu, dit Aiol, quel  destin

puisque Macaire de Lausanne est votre frère !

Maudite soit l'âme de votre père,

car il a déshérité ma noble mère.

En ce jour, je réclame au nom de mon père le jugement de Dieu."

Il éperonne son cheval sans attendre,

et pointe sa vieille lance enfumée,

en frappe Rustan qui le chargeait

et lui passe l'arme à travers tout le corps,

l'abattant mort dans la prairie.

Puis il tend une fois encore la main, tire l'épée.

il l'a sortie du fourreau, belle et étincelante ;

il livre bataille aux deux écuyers,

les abat sur la,prairie, morts tous deux.

"Ah ! dit Aiol, quel destin !

Madame sainte Marie, vierge honorée,

c'était vraiment une rude joute.

Ah ! mon père Elie, vous ne le savez pas encore,

j'ai mené à son terme une partie de votre guerre.

Je ne sais si Macaire a d'autres frères,

mais celui-ci ne ravagera plus jamais un pays."

Il reprit la grand-route pavée

et laissa leurs chevaux dans la prairie.


XXXVI


Aiol va maintenant son chemin.

Après avoir quitté le frère de Macaire,

il a voyagé jusqu'à midi.

À l'orée d'un bois, près du chemin,



























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