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XXXIV


Aiol ne vaut se voie pas eslongier ;

Il ne set le contree ne le resnier.

L'avoir reprist as moines sans atargier

Si lor raporta tout molt volentiers ;

Si se sont revestu et recauchié,

Puis afublent les capes, molt en sont lié.

«-Sire, che dist li maistres, por Dex del ciel,

Car venés avoec nous por herbergier.

Et respondi Aïols : « Molt volentiers,

Se ch[ou] est el cemin droit vers Orliens,

Car celui ne vauroie mie eslongier.

- Oil, par ma foi, sire, bien vos en chiet

Droit par devant no porte va li sentiers. »

Venu i sont al vespre a l'anuitier

Et font mander un fevre sans atargier.

Marchegai font ferer et bien sainier ;

Bien a son estavoir tout sans dangier.

Al matin est Aiol cumeneiés ;

Ensamble avoec les moines par amistiés.

Toute jor sejorna por le jor chier,

Que il ne vaut esrer ne chevauchier.

Al lundi s'en parti sor son destrier;

Des moines se depart, si prent congié.


XXXV


Des or s'en va Aiol[sJ lance levee

Et trespasse les tertres et les valees.

Huimais porés oir quel destinée

Jhésu a a l'enfant le jor donee.

Makaire de Lossane avoit i. frere,

Rustans avoit a nom en sa contree ;

Si va por armes querre a l'enperere,

Doi vaillant chevalier avoec lui erent ;


XXXIV


Aiol ne veut pas s'écarter de sa route ;

il ne connaît pas la région ni le royaume.

Sans tarder, il restitue leurs biens aux moines,

et les rapporta tous avec joie ;

ils se sont rhabillés et rechaussés,

puis, tout heureux, remettent leur cape.

« Seigneur, dit le supérieur, au nom de notre Père céleste,

venez avec nous, nous vous logerons.

Et Aiol répondit : « Très volontiers,

si c'est le chemin qui mène droit à Orléans,

car je ne souhaiterais pas allonger ma route.

- Oui, sur ma foi, seigneur, cela tombe bien

votre route passe juste devant notre portail. »

Ils arrivent à vêpres, nuit tombante

et sans attendre font venir un maréchal-ferrant.

Ils font ferrer Marchegai et le soignent bien ;

il a sans faute toute sa nourriture.

Au matin, Aiol a communié ;

constamment avec les moines par courtoisie

il reste tout le jour, qui est jour sanctifié,

durant lequel il ne veut chevaucher ou voyager.

Le lundi, il s'en va sur son destrier,

il quitte les moines et prend congé d'eux.


XXXV


Maintenant Aiol s'en va, la lance haute,

il passe les monts et les vallées.

Désormais, vous pourrez écouter quel destin

Jésus décida de réserver à l'enfant à sa naissance.

Macaire de Lausanne avait un frère,

dans son pays, on l'appelait Rustan ;

il allait demander des armes à l'empereur,

deux vaillants chevaliers l'accompagnaient ;






























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Moings (Saintonge)

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