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Se il vos i encontrent, n'i garirés,

Ne vos ne vo cheval n'i durerés.

Orendroit vos aront tout desreubés !"

Et respondi Aiols : "Mais n'en parlés.

Ja Dameldé ne plache, de majestés,

Que li miens cemins soit par eus mués.

Ains vos rendrai vos dras, se vos volés.

"Sire, che dist li maistres, ne nos gabés."

Adonc quidierent il, par verités,

Qu'Aiols fust lor compains, s'eüst trufés.

Aiol point le ceval par les costés

Par devant les larons s''est arestés,

Fierement lor escrie : "Signor, estés !

Por qu'avés vous ces moines si desreubés ?

Lor froc et lor peliches car lor rendés,

Estamines et botes que vous avés."

Et respondi li maistres : "Avant venés !

Cel hauberc et ce! elme tost me rendés,

Et l'escu et l'espee que vous portés ;

Un de mes compaingons en voil armer.

- Sire, che dist Aiols, or les prendés,

Car vers vous suïe je tous abandonés.

Se je nes puis desfendre, vos les arés,

De Dex le desfendrai par sa bontés."

Il broche Marchegai par les costés,

Et vait ferir le maistre qu'il ot parler

Par mi le cors li fist le fer passer,

Que mort l'a abatu et craventé.

Puis a traite l'espee de son costé

Si referi un autre c'a encontré

Que la teste li fist del bu sevrer.

Li tiers li escapa el gaut ramé,

II s'en torna fuiant, molt l'a douté.

Aiols nel vaut cachier, car il ne set

Nient de la contree ne del resnë

Son chemin ne voloit laisier li ber.

s'ils vous croisent sur celle-ci, vous êtes perdu,

ni vous ni votre cheval ne résisterez.

En un tournemain, ils vous auront tout pris !"

Et Aiol répondit : "Il n'en est pas question.

Plaise à Dieu de majesté que jamais

je me déroute à cause d'eux.

Au contraire, je vous rendrai vos vêtements, si vous le désirez.

"Seigneur, dit le supérieur, ne vous moquez pas de nous."

C'est qu'ils croyaient bien sincèrement

qu'Aiol était de mèche avec les voleurs, et qu'il raillait.

Aiol éperonne les flancs de son cheval

s'arrête devant les brigands

et leur crie d'un ton menaçant : "Seigneurs, ne bougez plus !

Pourquoi avez-vous dépouillé ainsi ces moines ?

allez, rendez-leur leur froc et leur pelisse,

et les chemises et les bottes que vous avez là."

Et le chef répondit :"Approchez un peu !

donnez-moi sur-le-champ ce haubert et ce heaume,

et l'écu et la lance que vous portez ;

je veux en armer un de mes compagnons.

- Seigneur, dit Aiol, venez donc les prendre,

car je suis à votre entière disposition.

Si je ne peux les défendre, vous les prendrez,

mais je les défendrai, avec l'aide de la bonté divine.

Il éperonne Marchegai

et va frémir le chef qui avait parlé.

Il lui fait passer le fer de la lance au travers du corps

et l'abat raide mort.

Puis il a tiré l'épée du fourreau,

en a frappé un autre qui le chargeait

et lui a séparé la tête du corps.

Le troisième lui a échappé dans la forêt épaisse,

il s'est enfui, empli de terreur.

Aiol ne veut pas le poursuivre, car il ne sait rien

de la contrée ni du royaume,

et il ne veut pas se détourner de sa route.



























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