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- Signor, je le trovai dessus cel mont.

La me voloit mengier par contenchon,

Quant Dameldé m'en fist garantison.

A l'espee que porc a mon geron

Li copai jou le pié, par saint Simon !

La le lasa ge mort ens el sablon. »

Quant cil l'ont entendu, grant joie en ont.

Cel jor ot de maint home beneiçon.

Evous .i. chevaliers c'ot nom Raoul,

Vavassor de la tere, un gentiex hom,

Le pié li demanda del grant lÏon,

Et cil le herberga en sa maison.

La nuit li done assés vin et poison.

Aiol fu la assis lés le carbon.

Quant il orent mangiet a grant fuison,

(Et Marchegai avoit sa livrison

Si com fain et avaine a grant fuison),

Li ostes l'en apele, mist le a raison :

« Dont venés ? de quel tere, biaus jovenes hom?

Dont venés ? de quel part? u irés vous?

- Biaus sire, en douche Franche, che dist Aiols,

Al fort roi Loëys, le fieus Charlon :

S'il me done del sien, si remanron. »

Et respondi li ostes qui fu preudom :

« Amis, Diex te consaut par son vrai Non,

Qu'il a en le cort Loeys un mal glouton :

Makaire de Losane l'apele on,

II n'a en nule tere nul plus felon.

Il est dus de Losene, chou est grans douls !

Muolt set bien losengier le roi de Loon,

Il cache les preudomes a deshonor. »


XXXIII


« Amis, che dist li ostes, or m'entendés.

Aller devés en France, dit le m'avés,

Al fort roi Loeys por conquester.

- Seigneurs, je l'ai trouvée sur cette montagne.

C'est là qu'il voulait me dévorer sauvagement,

mais Dieu m'en préserva.

Avec cette épée que j'ai au côté

par saint Simon, je lui ai coupé la patte !

et je l'ai laissé mort là-bas. »

Quand la foule entend cela, elle s'en réjouit.

Ce jour-là, Aiol fut béni de bien des gens.

Arriva alors un chevalier, nommé Raoul,

noble seigneur, vavasseur de la province,

qui lui demanda la patte du grand lion,

et qui l'hébergea dans sa maison.

Le soir il lui offrit vin et poisson en abondance ;

Aiol se tenait assis près du feu de charbon.

Quand ils eurent abondamment soupé,

(et Marchegai eut aussi sa pitance,

avoine et foin en quantité),

l'hôte lui adressa la parole et l'interrogea :

« D'où venez-vous ? De quel pays, beau jeune homme ?

D'où venez-vous ? De quelle province ? Où allez-vous ?

- Cher seigneur, en douce France dit Aiol,

chez le puissant roi Louis, le fils de Charles :

s'il me donne de ses biens, je resterai là-bas. »

Et l'hôte lui répondit en homme de valeur :

« Ami, sois protégé par le vrai nom de Dieu,

parce qu'il y a à la cour de Louis une mauvaise fripouille :

il s'appelle Macaire de Lausanne,

il n'existe personne sur terre plus traître que lui.

Il est duc de Lausanne, quelle tristesse !

Il flatte à merveille le roi de Laon

et se déshonore en exilant les hommes nobles. »


XXXIII


« Ami, dit l'hôte, écoutez-moi.

Vous devez aller en France, vous me l'avez dit,

chez le roi Louis pour triompher.



























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