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Ains mais n'en nst tant hom(e) de mere nés

S'en avoit .c. mangiés et estranlés.


XXXI


Aiols a fait bataille pesant et dure,

Molt l'en est avenu bele aventure ;

Le poe del lion a retenue,

Si l'a a son archon devant pendue.

Ja ne le laira mais, si ert veue,

Et par aucune gent reconneüe,

Encore li fera ele molt grant aiüe.

Puis monte en Marchegai tout a droiture

Et si a trespassé le selve oscure,

Et Marchegai li anble a desmesure

Et el Castel Esraut vient a droiture

Et trespasse del bourc le maistre rue.

Molt i trova grans fous de gent menue

Qui trestout le gaboient par aventure.

Quant il ont le grant poe reconneue

De la beste savage qui tant est dure,

Qui tornoit le pais a desmesure,

Sel laissent a gaber por l'aventure. (e)


XXXII


Des or chevauce Aiol li gentiex hom.

Par mi Chastel Esraut vint a bandon ;

Molt i trova de fols et de bricon

Qui trestout le gaboient par contenchon.

Quant il virent le poe del grant lion

Qui del pais faisoit destruision,

Car en cel bos n'osoit entrer nus hom,

Por tant ne gabent mie le franc baron.

Belement l'en apelent en lor raison :

"Dont venés ? de quel tere, biaus jovenes hom ?

U presistes le poe de cel lion ?

Avant ce jour, aucun homme né de mère n'en avait fait autant.

Ce lion en avait déjà étranglé et dévoré cent.


XXXI


Ce fut pour Aiol une dure et épuisante bataille,

l'aventure se terminant en beauté ;

Il a gardé une patte du lion,

et l'a devant lui pendue à son arçon.

Il ne s'en séparera jamais, elle sera vue

et reconnue de tous,

et lui sera alors d'une grande aide.

Puis il enfourche Marchegai sans tarder

traverse toute la sombre forêt,

Marchegai allant un galop vigoureux,

et arrive directement à Châtellerault,

entrant par la grand-rue dans le bourg.

Il y voit une foule épaisse, tous gens

qui le raillaient sans réfléchir,

jusqu'à ce qu'ils reconnaissent la grosse patte

de la si féroce bête sauvage

qui rendait folle toute la contrée,

et ils cessent de railler devant l'exploit.


XXXII


Maintenant, le noble Aiol chevauche.

Il arriva sans difficulté à Châtellerault ;

il y trouva quantité de fous et de fainéants

qui tous le raillaient avec rage.

Quand ils virent la patte du grand lion

qui avait ravagé le pays,

à tel point que personne n'osait entrer dans la forêt,

ils ne se moquèrent plus du noble baron,

mais courtoisement lui demandèrent en leur langue :

" D'où venez-vous ? De quel pays, beau jeune homme ?

où avez-vous trouvé cette patte de lion ?



























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