Que il traisist de! feure sen branc letré,

Et qu'il lor courust sus tout abrivé[s],

Quant del consel son pere il est menbré,

Et del castiement del gaut ramé.

Por tant si a son sens ramesuré

Belement lor respont par humieté

« Signer, Dieus le vos mire, laisiés m’ester

Vous faites vilonie que me gabés

Et tort et grant pichié et mavaistës

Ainc ne vos mesfis riens en mon aé.

Se je suis povres hom, Dex a assés,

Li rois de sainte gloire de majesté

Qui le ciel et le tere a a garder,

Et del sien me pora grant part doner

Quant Dameldieu vaura, j'arai assés. »

Li auquant s'en tornerent qu'en ont pité

Por chou que belement l'oent parler.

Es vous .i. lecheour tout abevré,

Qui en .i. celier ert tous enivrés,

Et s'estoit de ses dras tous desnués.

Par le frain le saisi, si l'a tiré,

Que .iiii. piés ariere le fist passer.

« Vasal, dist li lechieres, a moi parles ?

Anuit herbergerés a mon ostel

Une de nos mescines al lit arés,

Trestoute le plus bele que quesirés

U toute la plus laide, se miex l'amés.

Li vostre haubers sera au pain portés,

De vostre elme arons vin a grant plenté,

De vos cauchiers arons poison assés. »

Isnelement en est avant passés,

Se li ala le frain del cief oster,

A tout vers le taverne en est tornés.

Quant Marchegai se sent si delivrés

Del frain que de la bouche li ont ostë(s),

Onques si fais chevaus ne fu trovës

J'oi le mestre dire qu'il fu faés.

de tirer son épée damasquinée du fourreau

et de les charger impétueusement,

quand il se souvint des conseils de son père

et des leçons qu'il en reçut dans la forêt.

C'est pourquoi il revient à la raison

et leur répond gracieusement et humblement :

« Seigneurs, Dieu vous bénisse, laissez-moi en paix.

C'est une bassesse de me railler,

une faute, un grand péché, une mauvaise action,

alors que je ne ne vous ai jamais causé aucun tort.

Si je suis pauvre, Dieu est riche,

lui le saint roi, toute gloire et majesté,

qui tient le ciel et la terre,

et qui pourra me combler de ses biens :

que Dieu le décide, et j'aurai à foison. »

Et certains, par pitié pour lui, s'en vont

parce qu'ils l'ont entendu  si bien parler.

Arriva donc  un ribaud totalement ivre

qui s'était saoulé dans une cave

et avait ôté tous ses vêtements.

Il se saisit de la bride, la tire

et fit reculer le cheval de quatre pas.

« Vassal, dit le débauché, vous me parliez ?

logez chez moi pour cette nuit,

vous aurez dans votre lit une de nos filles,

la plus belle de toutes à votre choix

ou la plus laide, si c'est votre goût.

Votre haubert paiera le boulanger,

avec votre heaume nous achèterons du vin en quantité,

et vos chausses nous paieront quantité de poisson. »

Il est allé rapidement à la tête du cheval

lui a ôté le mors de la bouche,

et l'emporte vers la taverne.

Quand Marchegai sent qu'il est dépouillé

du mors qu'on a ôté de sa bouche,

il réagit comme jamais cheval ne fit.

Un maître m'a dit qu'il devint comme ensorcelé,







































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55- Note de Malicote/Hartman : «John W. Baldwin notes this type of humorous literary allusion to the scholastic disputatio (Masters, v.I, 29)»